
Bonjour bonjour, excellent début de semaine !
Ici à Valence, nous sommes toujours au pied de l'arbre, c'est le cas de le dire.
Aujourd'hui, je veux vous parler de quelque chose que non seulement nos clients, mais aussi des collègues agrumiculteurs, nous ont demandé : comment l'orange s'adapte-t-elle aux changements climatiques, un défi auquel nous sommes souvent confrontés ces dernières années.
Ici, l'intéressant est de se demander s'il s'agit d'adaptation ou de résistance.
Je vais vous le raconter, mais avant, permettez-moi de me souvenir d'une chose : à la campagne, mon grand-père répétait une phrase qui me vient maintenant naturellement : il n'y a pas deux récoltes identiques.

Le climat a toujours été un artiste capricieux. Une année, il vous offre un hiver de manuel et l'année suivante, il arrive en retard, comme le métro un lundi. Maintenant, nous remarquons plus d'extrêmes, plus de vagues de chaleur, plus de pluies torrentielles et des nuits étranges.
Et l'oranger, que fait-il ? Eh bien, il fait la même chose depuis qu'il est oranger, il s'adapte. C'est un être vivant et il apprend.
La première année avec un changement fort se fait sentir, certaines fleurs peuvent tomber, le fruit grossit plus lentement ou la peau se marque. La deuxième année, il se replace, prend racine là où il faut, ajuste sa cime pour s'ombrager et retrouve son rythme. La troisième année, il a déjà compris.
Je vais vous dire comment il se défend, en langage clair. Si la chaleur est forte au moment de la floraison, l'arbre lâche une partie de ces fleurs. Ce n'est pas de la malchance, c'est de l'intelligence, il se débarrasse ainsi d'un poids qu'il ne pourrait pas arroser avec son eau. Lors d'une canicule estivale, l'oranger ferme les pores de ses feuilles, comme quand vous fermez le robinet pour ne pas gaspiller.
Le fruit peut arrêter de grossir pendant quelques jours et ensuite, quand il fait plus frais, il continue tranquillement. Si un vent sec souffle de l'ouest, la cime devient un parasol et protège les fruits. Et quand une forte averse nous tombe dessus, le défi est sous terre, les racines ont besoin d'air pour ne pas se noyer.
C'est pourquoi nous prenons soin du sol, nous le laissons spongieux, vivant, avec une couverture végétale quand c'est possible, et nous ne le maltraitons pas en passant des machines quand il est mou. La sagesse de la campagne est plus ancienne que nous et elle fonctionne, pas à pas et la vue lointaine.

Au final, le secret est d'accompagner l'arbre. Il donne le rythme et nous dansons avec lui, même si parfois il nous marche dessus, et certains le font. 🍊
Alors : Résister ou s'adapter ? À la campagne, nous disons souvent que résister, c'est serrer les dents et c'est tout, s'adapter, c'est comprendre ce qui se passe et changer de rythme sans le perdre. La nature finit toujours par régler ses comptes, car elle est sage.
J'ai vu des orangers courbés par le vent refaire un printemps qui semblait neuf. J'ai vu après une année difficile une récupération que vous n'imaginez même pas. Et j'ai aussi vu que lorsque vous l'aidez avec bon sens, elle vous le rend multiplié.
La clé est en nous, dans la façon dont nous réagissons. Gérer l'eau comme de l'or, protéger le sol, planter des brise-vent vivants, diversifier les exploitations, observer davantage et courir moins. Et surtout, maintenir cette façon de travailler que nous avons héritée, artisanale et avec amour, qui nous permet de prendre des décisions au pied de l'arbre et non dans un bureau.
Ici, chaque caisse commence par une promenade entre les rangs au lever du soleil et se termine sur votre table en un clin d'œil. C'est ce lien que nous ne voulons pas rompre, car grâce à vous, la campagne reste vivante et les mains qui en prennent soin peuvent continuer à travailler.
La nature est bien plus grande que nous. Elle continuera d'exister à sa manière même si tout change. Ceux qui ont le défi, c'est nous, apprendre à vivre avec ces changements sans perdre le cap.
Notre rôle est de l'écouter, de la respecter et d'être à la hauteur. Et si au passage, vous ramenez chez vous une orange qui vous fait fermer les yeux de plaisir, tant mieux.
Si vous en avez envie, nous sommes là. Demain à l'aube, je vérifierai à nouveau les commandes et j'irai cueillir les vôtres, comme chaque jour.
Merci de soutenir l'agriculture espagnole et de nous lire avec un sourire, cela nourrit aussi.
À la semaine prochaine, une forte accolade de Valence,

