
Bonjour à tous, prêts à affronter ce lundi ?
Aujourd'hui, je viens avec l'une de ces histoires qui commencent en Orient et finissent par sentir la fleur d'oranger. Je vous promets qu'à la fin, vous comprendrez pourquoi certains fruits exigent une montre à la main et des nerfs de chirurgien pour être récoltés. Et non, ce n'est pas une blague.
Le protagoniste est le nèfle Tanaka. La nèfle est née en Chine, mais cette variété est japonaise, et pourtant, quand elle est arrivée en Méditerranée, elle a dit "je reste ici". Je ne la blâme pas. Notre climat est vraiment généreux, de ceux qui vous invitent à reprendre un plat.
Grâce à ce soleil tempéré, aux brises douces et aux hivers cléments, nous cultivons ici la moitié de la carte du monde sans prendre l'avion. La Méditerranée est ainsi, elle ouvre les bras et la campagne fait de la magie.
Notre collègue Lorenzo est celui qui prend soin des Tanaka. Je jure qu'il connaît chaque branche comme moi mon déjeuner. Il travaille avec des techniques apprises en observant ses aînés, une patience d'artisan et ce soin qui ne figure pas sur les étiquettes mais se sent à la première bouchée.
Ici, nous continuons à cultiver comme avant, pas à pas, à la main, comme le faisaient nos grands-parents.

Le nèfle Tanaka est un fruit non climactérique. Traduit en langage courant, une fois cueilli de l'arbre, il ne mûrit plus. Le sucre n'augmente pas, la saveur ne s'affine pas.
C'est pourquoi la récolte est chirurgicale. Il faut le cueillir au point exact, avec une couleur dorée bien vive et un toucher qui cède juste ce qu'il faut, comme un nouveau coussin. Nous passons plusieurs fois dans les arbres pour ne choisir que ceux qui sont prêts. Ici, il n'y a pas de seconde chance. C'est un oui ou un non. Et si vous hésitez, revenez demain.
De plus, le nèfle est celui qui nous chuchote à l'oreille que le printemps arrive. Lorsque le jardin s'éveille en avril, le Tanaka apparaît comme un trompette et dit "c'est parti". Et attention, sa saison est courte. Ce qui se passe en quelques semaines pour d'autres fruits dure des mois. Si vous clignez des yeux, vous le manquez.
C'est comme la paella du dimanche de votre tante, qu'elle réussit à merveille et qui disparaît ensuite jusqu'à nouvel ordre. Cela dit, quand il faut y aller, il faut y aller. Et la première bouchée a le goût d'une promesse tenue.
Peut-être vous demandez-vous si ce voyage de la Chine au Japon puis à Valence change quelque chose dans l'assiette. Je vous dis ce que je vois tous les jours. Les fruits et légumes n'ont pas de nationalité. Ils ne demandent pas de carte d'identité ni de lever la main pour s'enregistrer.
Ce qui compte, ce sont les mains qui les soignent, le dévouement avec lequel on les arrose, l'énergie avec laquelle on les taille et l'espoir avec lequel on va aux champs même si le vent d'est souffle.
Quand ces mains travaillent avec intelligence et cœur, le fruit a le goût de la vérité. Et regardez comme la Méditerranée est généreuse, elle embrasse ce qui vient de loin et le transforme en produit d'ici sans rien demander en retour.
Si vous voyez les nèfles de Lorenzo sur le site et que vous avez envie de les goûter, ne faites pas la sieste. Elles vont directement de l'arbre à votre maison et sont cueillies le matin même où je vérifie votre commande.
Nous travaillons ainsi parce que nous croyons en la vente de nos produits à un prix juste et pour que vous sentiez la campagne à chaque bouchée. Et parce qu'il y a des fruits, comme le Tanaka, qui ne pardonnent pas l'horloge.

Merci d'être là chaque semaine, de soutenir les agriculteurs qui continuent à travailler à l'ancienne mais avec la tête bien ancrée dans le présent.
Nous sommes toujours là, les bottes pleines de boue et de bonne humeur, apprenant de la terre et vous racontant tout pour que lorsque vous mordez dans une nèfle, vous sachiez tout ce qu'il y a derrière 🌱
Un grand câlin de la huerta de Valence et à la semaine prochaine.

