Le gazole agricole a clôturé à 1,649 euro le litre le 7 septembre, soit 48 % de plus qu'il y a un an. ASAJA, COAG et UPA ont appelé à des mobilisations dans toute l'Espagne, et la réduction de l'État sur le carburant expire le 30 septembre sans remplacement annoncé. Les agriculteurs interrogés affirment n'avoir aucune marge pour dépenser moins.
Les trois organisations agricoles ont annoncé le 18 septembre des mobilisations immédiates. Le ministre Luis Planas les a convoquées pour le mardi suivant. ASAJA estime que travailler les 22 millions d'hectares de semis d'automne coûtera au secteur au moins 200 millions d'euros de plus que l'an dernier.
Un coût en hausse de 50 % en une seule campagne
Un agriculteur interrogé par nos soins confirme la hausse sur sa propre exploitation. « Cet automne, d'ici le début de la récolte, je vais consommer au minimum 300 à 400 litres de gazole. Le coût augmente de presque 50 % par rapport à l'an dernier. »
Plus de traitements, plus de gazole
Son explication ajoute un facteur absent du débat public : la consommation n'a pas augmenté seulement à cause du prix, mais parce qu'il faut passer plus souvent dans les champs. « Comme les traitements qu'on nous autorise sont de plus en plus limités et qu'ils nous obligent à en faire davantage qu'autrefois, la consommation de gazole est plus élevée. »
Le résultat, dit-il, est une dégradation qui se traduit déjà par des abandons : « Si on ajoute à cela le prix exorbitant, qui a flambé, le pouvoir d'achat de l'agriculteur atteint des minimums insupportables. C'est pour ça que beaucoup choisissent d'arrêter. »
« Soit on fait tout, soit on ne fait rien »
Interrogé sur les trois solutions qu'on tient souvent pour acquises — changer de culture, faire moins de passages ou réduire la surface —, il les écarte une à une.
« Pour l'instant, je ne peux rien faire d'autre que continuer. Je ne peux pas changer de culture, car cela représenterait un investissement énorme. »
Sur les traitements : « On ne peut pas faire moins de passages, car on risque, maintenant, dans la dernière étape de la production, que les ravageurs abîment les fruits après avoir investi dedans toute l'année. Donc, quoi qu'il arrive, il faut faire les mêmes passages que d'habitude. »
Et sur la réduction de surface : « Moins d'hectares non plus, car on ne peut pas faire certains champs et pas d'autres. Soit on fait tout, soit on ne fait rien. »
Le remboursement : un peu plus de cent euros
La mesure que l'Administration présente comme compensation — le remboursement du gazole professionnel — se remarque à peine dans les comptes. « C'est une somme dérisoire, c'est très peu. L'an dernier, on m'a donné cent et quelques euros. Vu comme le prix a flambé, ce n'est aucun soulagement. »
La réunion entre le ministère et les organisations agricoles a lieu ce mardi, cinq jours avant l'expiration de la réduction sur le carburant.
Sources : ASAJA — Mobilisations immédiates contre la hausse du carburant · Infobae — Le gouvernement rencontrera le monde agricole · Agroinformación — La facture de l'automne : 200 millions de plus en gazole

